Une nouvelle flèche pour la basilique de Saint-Denis et un élan pour la ville

La Basilique de Saint-Denis est un haut lieu de la ville de Saint-Denis (Ile-de-France). Sous l’impulsion d’un ambitieux projet municipal, la basilique bénéficie d’un projet de reconstruction de sa flèche qui s’étend sur cinq années. Le maire et candidat aux élections municipales de mars 2026, Mathieu Hanotin, met en avant ce projet.

Face à la basilique de Saint-Denis, les passants s’arrêtent le nez en l’air et admirent l’imposante bâtisse gothique. Les échafaudages suscitent également la curiosité. La flèche nord, détruite par la foudre et absente depuis 1837, est en cours de reconstruction. Le 14 mars 2025, la première pierre de la flèche a été posée en présence du maire Mathieu Hanotin ainsi que de la ministre de la culture. Cette date symbolise le commencement d’un chantier qui doit durer cinq années et qui est visitable depuis le 17 novembre 2025.

Un projet de reconstruction ambitieux qui suscite l’enthousiasme

A l’entrée du bâtiment, un technicien de maintenance à la SNCF, exprime son ravissement: “Je suis venu spécialement pour voir la progression des travaux. Cette restauration est vraiment une bonne chose, il faut transmettre aux générations futures le patrimoine local. Selon moi c’est un projet à encourager”. Le dionysien précise qu’il apprécierait que l’image de Saint-Denis s’améliore grâce à de tels projets patrimoniaux. 

Certains visiteurs sont quant à eux sceptiques sur certains points, notamment financiers. Luque Juan, un visiteur, s’indigne: “Le billet d’entrée (17 euros) est trop cher. Cela pourrait freiner les visiteurs et notamment les habitants de Saint-Denis. C’est dommage parce que c’est un beau projet soutenu par la commune”.

Aline Lafleur, étudiante en sociologie, salue quant à elle le projet de reconstruction. Elle y voit cependant une manœuvre politique qu’elle juge trop onéreuse. “C’est évidemment une action stratégique en vue des municipales. 37 millions d’euros (financé par des collectivités locales et des mécènes privés) c’est beaucoup d’argent qui aurait pu être réparti et utilisé ailleurs pour des projets sociaux par exemple” critique l’étudiante, à l’évocation du budget alloué au projet.

Noémie Nunes, chargée de communication et de médiation culturelle de la Basilique de Saint Denis explicite. “Le projet « La Fabrique de la flèche », porté par monsieur Hanotin, permet aux visiteurs de suivre les travaux de près via des visites immersives dans la basilique. La promotion culturelle de la ville se fait par le biais de la reconstruction du monument”. Une visite immersive qui permet au public de voir à l’œuvre les tailleurs de pierres et les artisans sur les chantiers.

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Selon Noémie Nunes, l’objectif est de doubler le nombre de fréquentations pour 2026. L’objectif est d’égaler les 200 000 visiteurs annuels enregistrés avant les attentats de 2015. Avec la volonté assumée que la reconstruction de la flèche soit une vitrine touristique pour Saint-Denis. “Les attentats de 2025, puis l’épisode du COVID-19 ont porté un coup au tourisme, poursuit Noémie Nunes. Avec la reconstruction et la campagne de promotion qui l’accompagne, le nombre de visiteurs augmente d’année en année.”

Une reconstruction qui implique le maire et les acteurs patrimoniaux

Le chantier de reconstruction implique étroitement le centre des monuments nationaux mais aussi le maire de Saint Denis. En effet, Mathieu Hanotin, candidat aux élections municipales de mars 2026, est également le président de l’association “Suivez la flèche” particulièrement active pour la reconstruction de la flèche. Selon les acteurs principaux, les objectifs de cette reconstruction sont définis. Cela participe principalement à une revalorisation de l’identité de la ville. En redonnant au monument son équilibre originel, le chantier permet aux habitants de se réapproprier l’ancienne nécropole des rois de France mais aussi la première église abbatiale gothique.