René Kimbassa, le candidat RN à la mairie de Colombes que personne ne connaît

Trente-et-un ans après la première candidature du Rassemblement national à la mairie de Colombes, le parti de Marine Le Pen entend revenir dans la bataille municipale. Il mise sur René Kimbassa, tête de liste et animateur territorial peu connu des Colombiens, qui se présente comme le candidat souhaitant « remettre Colombes en ordre ».

Affiche de campagne officielle de Renée Kimbassa, candidat du Rassemblement national à la mairie de Colombes. © Page Facebook de Renée Kimbassa

« Je ne le connais pas du tout, ça ne sert à rien de se demander s’il pourrait gagner les élections », soupire Fatima, croisée à la sortie d’un supermarché du centre-ville. Elle n’est pas la seule habitante de Colombes à n’avoir jamais entendu parler de René Kimbassa, animateur territorial et tête de liste du Rassemblement national pour les élections municipales à Colombes. Peu présent sur le terrain, rarement vu et entendu, à trois mois des municipales, ses apparitions se comptent sur les doigts d’une main ; la dernière en date est celle au marché des jeunes créateurs de Colombes, pour y partager son programme à destination de la jeunesse.

Pour le Rassemblement national, les communes de la couronne parisienne, comme Colombes, constituent des terrains stratégiques pour élargir leur base électorale, essentielle à leurs ambitions futures, qu’elles soient municipales, législatives ou présidentielles. Le parti mise sur l’insécurité, l’immigration ou l’attractivité territoriale pour séduire une partie de la population, davantage préoccupée par ces sujets et déçue par les politiques mises en place par l’ancienne municipalité de gauche à la tête de la mairie.

Une stratégie quitte ou double

René Kimbassa est le visage de cette tentative de percée à Colombes, qui n’avait plus connu de candidat RN à la mairie depuis 1995. Avec un programme combinant promesses patriotiques et mesures écologiques, il espère convaincre une population encore peu familiarisée avec le parti.

Sa candidature surprend autant qu’elle intrigue, comme pour Leïla, habitante du quartier du Petit-Colombes. « Il s’appelle comment ? René Kimbassa ? Je n’en ai jamais entendu parler… » s’esclaffe-t-elle lorsqu’elle découvre le nom du candidat.

Originaire du Congo, il s’est installé à Colombes il y a 25 ans avec sa famille. Peu d’informations personnelles sont disponibles à son sujet ; nous avons d’ailleurs cherché à le contacter en vain. Malgré nos multiples sollicitations, ce dernier a décliné nos propositions d’interview, expliquant être engagé « sur d’autres priorités militantes ».

Invisible sur le terrain, visible en ligne

Si René Kimbassa se fait discret dans les rues de Colombes, sa présence est plus marquée sur Internet. Son compte X compte 1 680 abonnés et de nombreuses republications des tweets de la page officielle du RN. Sur son blog et sa page Facebook, il partage ses actualités et son programme. Sa vidéo officielle de campagne, l’une de ses publications ayant suscité le plus de réactions sur sa page Facebook, résume ses objectifs : « Colombes doit redevenir une ville sûre, propre et fière de son identité. » Il y ajoute son attachement au RN : « Je suis honoré d’avoir le soutien de Jordan Bardella, de Marine Le Pen et du Rassemblement national. »

Une stratégie, loin de jouer en sa faveur, commentée par ses opposants locaux. Nombreux sont ceux qui reconnaissent ne jamais l’avoir rencontré et peinent à dresser le portrait d’un candidat encore largement inconnu sur la scène colombienne. « Il se fait très discret, je ne le connais pas du tout, personne ne le connaît », confie Abdel, bénévole du parti de droite « Colombes c’est nous » de Nadia Frontigny, croisé devant la permanence du parti en centre-ville.

Discret à Colombes et impossible à rencontrer, au sein de sa famille politique le silence est de mise. Christophe Versini, délégué départemental RN des Hauts-de-Seine, ainsi que le parti lui-même, qui n’ont pas donné suite à notre demande.

Aux dernières élections législatives, le RN a obtenu 14,27 % des voix, plus de cinq points de plus qu’en 2020 (8,68 %). Une progression significative dans la première circonscription des Hauts-de-Seine. Une évolution qui pourrait s’incarner lors des prochaines municipales à Colombes et qui ferait de René Kimbassa un véritable outsider.

Floriane Kwawu