« C’est dangereux pour les enfants » : Le Burger King en face de l’école Maintenon dérange Colombes

L’enseigne de fast-food gérée en France par le groupe Bertrand va prendre la place de l’ancien Camaïeu, au 53/55 rue Saint-Denis. Juste à côté d’une école maternelle et primaire, en plein centre de Colombes, ce projet inquiète certains habitants, alors que la mairie assure « garder la main » sur le dossier.

Sous les bâches, le futur Burger King est toujours en travaux. ©François Boyer

« Ah ça, c’est une sacrée verrue… » Juste en face du chantier, les militants de Nadia Frontigny, candidate divers droite aux prochaines municipales de 2026, sont remontés contre l’arrivée de Burger King à Colombes devant l’école Maintenon. En travaux depuis presque six mois, l’enseigne de fast-food divise, alors que son ouverture est prévue mi-avril. La mairie avait annoncé la grande nouvelle lors d’un conseil de quartier, le 20 mai 2025. Face à un rejet généralisé de beaucoup d’habitants, un communiqué avait été partagé, dans lequel la mairie écologiste faisait volte-face, affirmant sa « ferme opposition au projet ».

A la sortie de l’école ce lundi, les conversations vont bon train. Justine attend ses deux enfants. « Encore un fast-food ! s’exclame-t-elle. Ça ne sert à rien… Moi je n’en mange pas en tout cas. » Pour la trentenaire, c’est une source d’inquiétude en plus : « Avec les livreurs, il y aura des motos partout. Non seulement c’est dangereux pour les enfants mais en plus ça fait du bruit. C’est incommodant ».

Une « bouse au milieu de Colombes »

Devant le portail d’où sortent les CE1, Sandra pense, au contraire, que cela ne va pas changer grand-chose. « Des fast-foods, il y en a déjà ici. Le McDonalds est juste là-bas », abonde-t-elle, pointant le pâté de maisons situé à une cinquantaine de mètres. Elle n’a pas d’inquiétudes pour sa fille, qui y a droit une fois par mois. « Elle sait que ce n’est pas super bon, et qu’il faut n’y manger que de temps en temps. De toute façon, elle ne va pas y aller toute seule, à sept ans ! » Et le danger des livreurs à moto ? « Apparemment ce sera interdit, je ne m’en fais pas. » Dans son imper vert, la trentenaire hausse les épaules. « C’est aux parents de responsabiliser leurs enfants ! »

Rue des Glycines, juste en face de l’école, Frank peste : « On va se taper une bouse comme ça au milieu de Colombes… » Lui qui habite ici passe tous les jours devant le chantier, depuis mai dernier. « J’y suis totalement opposé. J’ai appris ça par une voisine, ça m’a révolté. » Il dénonce un décalage entre « les campagnes de communication qui incitent à manger mieux, cinq fruits et légumes par jour » et la multiplication des enseignes de « malbouffe. » Pour ce violoniste, une autre enseigne du groupe Bertrand, comme Léon, Hippopotamus ou Pitaya, aurait été acceptable. « On a déjà un McDonalds, c’est la porte ouverte à un troisième puis un quatrième, où est-ce que ça va s’arrêter ? »  Et interroge la responsabilité des équipes de la mairie : « On nous a dit qu’ils n’ont aucun moyen pour les empêcher de s’installer. »

Un bras de fer avec la mairie

Lors d’une réunion publique le mardi 9 décembre, Patrick Chaimovitch, maire écologiste, reconnaît : « On n’a pas été assez vigilants, on s’est fait avoir comme ça… » Il reproche au groupe de restauration d’avoir avancé caché, sans préciser qu’il s’agirait de l’enseigne de fast-food. L’édile accuse : « ils se sont comportés comme des voyous », mais assure néanmoins avoir des moyens de lutter contre l’installation du restaurant. Par exemple en empêchant l’affichage de l’enseigne sur la façade, ou en refusant l’autorisation d’occupation temporaire du domaine public pour priver le fast-food d’une terrasse. 

Le groupe Bertrand, qui n’a pas répondu à nos sollicitations, semble pourtant bien décidé à ouvrir son Burger King à Colombes. En témoigne son offre d’emploi en CDI pour un manager sur Indeed.

François Boyer