Pierre Chavigny habite depuis 51 ans dans ce quartier populaire de Colombes. L’ex-président du conseil de quartier s’est engagé auprès de la candidate divers droite Nadia Frontigny pour les municipales 2026. Rencontre avec un homme attaché à son territoire.

Pierre Chavigny au marché du quartier de Petit-Colombes à Colombes. © François Boyer
C’est au marché du Petit-Colombes que Pierre Chavigny nous donne rendez-vous. Un lieu choisi sans hasard par cet habitant de longue date, qui arpente ces étals depuis plus d’un demi-siècle. Chaque matin, il y remplit son panier de produits frais, s’arrête, échange quelques mots, salue des visages familiers. Ici, le marché est bien plus qu’un lieu de passage : il est le cœur battant du quartier.
« Bonjour Pierre, comment ça va ? » Difficile de passer inaperçu. Retraité, l’ancien dirigeant d’une agence de communication est une figure connue du quartier. Depuis des années, il met sa plume et son temps au service des habitants.
Le Petit-Colombes est un quartier prioritaire de la ville de Colombes, qui compte environ 13 000 habitants. Marqué par une forte précarité sociale, il affiche un taux de pauvreté de 31 %, 55 % de logements sociaux et un taux de chômage de 14 %. Le quartier fait actuellement l’objet d’un programme de rénovation urbaine, annoncé en 2023 par la municipalité écologiste conduite par Patrick Chaimovitch. Un projet, qui, au total nécessite 91 millions d’euros est en cours jusqu’à 2030. Loin de satisfaire Pierre, triste et impuissant face à la négligence et au délaissement social du Petit-Colombes. Il a depuis longtemps, tenté d’en faire un quartier meilleur.

Pierre Chavigny en compagnie d’un vendeur de fruits et légumes au marché du Petit-Colombes. © François Boyer
Les Petits-Colombiens avant tout
« Je donnais des cours de français au centre socioculturel, comme bénévole il y a bien longtemps », confie-t-il. C’est ainsi qu’il a fait ses premiers pas dans l’engagement local. À l’époque, une importante communauté tamoule s’installait dans le quartier. « Dans les années 1970, on construisait de grandes tours pour reloger les habitants des bidonvilles, sans assurer l’accompagnement social nécessaire », se souvient-il. Un constat qui, selon lui, perdure toujours aujourd’hui.
Son engagement l’amène alors à enchaîner les responsabilités. « On est venu me chercher », raconte-t-il. Il devient président du conseil de quartier et membre de la régie de quartier. À ce poste, il tente de participer à la rénovation des bâtiments et de défendre une offre de logements plus adaptée aux habitants qui en ont le plus besoin.
Plus globalement, Pierre se montre critique à l’égard des projets de rénovation de l’équipe municipale écologiste qui transforment progressivement Colombes en « ville dortoir ». « On a beaucoup construit, mais sans créer suffisamment de vie sociale ni de commerces pour accompagner l’augmentation du nombre d’habitants », estime-t-il.
De gauche, il milite à droite
En 2020, il a voté pour l’écologiste Patrick Chaimovitch, mais en mars, il ne recommencera pas, déçu par la bétonisation enclenchée par le maire sortant. Sur sa veste, il porte la broche du parti « Colombes, c’est vous », un mouvement divers droite mené par la candidate Nadia Frontigny.
Pour cet homme, qui a toujours été de gauche, le bien-être des Colombiens prime sur tout. « Je fais campagne avec Nadia car je partage les mêmes valeurs sociales qu’elle, explique-t-il, prêt à endosser une écharpe d’adjoint. « Il faut faire rêver les gens et les aider à réaliser leurs rêves ».
« Mes valeurs, ce qui compte le plus pour moi, c’est la manière dont vivent les Colombiens ». Pour Pierre Chavigny, l’engagement reste une nécessité, presque une évidence. Car après plus de cinquante ans passés au Petit-Colombes, il continue de croire que l’avenir de son quartier se construit, avant tout, sur le terrain.
Floriane Kwawu