«On a participé à l’histoire » : Paola Le Nindre, étoile montante du hockey sur gazon de retour au stade Yves-du-Manoir

Lors des Jeux olympiques de Paris 2024, le complexe sportif de Colombes a accueilli les épreuves de hockey sur gazon. A 19 ans, la membre de l’équipe de France féminine nous raconte ses Jeux dans ce stade mythique. Une mise en lumière qui pourrait être utile au maire sortant, en vue des municipales.

Colombes, le 16 décembre 2025. Paola Le Nindre avec sa tenue olympique sur le gazon du nouveau stade Yves-du-Manoir. © Eva Claudel 

Depuis le 3 août 2024, date du dernier match des Bleues, Paola Le Nindre n’est revenue que deux ou trois fois au complexe départemental Yves-du-Manoir. « C’est toujours spécial de retourner ici, quand on pense qu’on a fait les JO ici, c’est fou », s’exclame t-elle, en se dirigeant vers le petit stade Yves-du-Manoir juste à côté de l’historique temple du sport. 

De ses propres aveux, la jeune femme de 19 ans ne connait que peu les lieux. Mais lorsque l’on rentre, on a l’impression qu’elle ne les a jamais quittés. Pour aller aux gradins, celle qui porte le sac à dos de l’équipe de France olympique sur les épaules, pousse trois portes et monte l’escalier. « C’est plus court par-là », assure-t-elle. Dès l’arrivée, on sent chez elle toute la fierté d’avoir passé une partie de l’été 2024 ici. 

 « Un immense chaudron » 

Principalement dans ce petit stade, situé à quelques mètres de la célèbre enceinte crée en 1907. « Ils avaient mis des tribunes éphémères tout autour du stade. C’était vraiment un immense chaudron », se remémore l’attaquante ou milieu de l’équipe de France.

Ce complexe a été construit spécialement pour les Jeux Olympiques, après 22 mois de travaux, pour un montant de 101 millions d’euros financés à 90% par le département des Hauts-de-Seine. Trois terrains synthétiques de hockey sur gazon ont été créés : l’un pour les entrainements, le second doté d’une tribune permanente de 1 000 places et le dernier à remplacer la pelouse du stade historique qui a accueilli la cérémonie d’ouverture des JO en 1924. 

« Quand on a su que l’on jouait à Colombes, on a tout de suite pensé à ces jeux-là, c’était cool de se dire que l’on allait participer à l’histoire de ce stade », se souvient l’ancienne joueuse du Racing Club de France qui évolue désormais à Bruxelles.

En plus d’avoir accueilli deux fois les JO, ce stade a reçu plus de 200 grands évènements sportifs dont les matchs des équipes de France de football et de rugby, de 1907 à 1972. Soit, l’équivalent du Stade de France aujourd’hui. Paola Le Nindre n’est pas très convaincue par cette comparaison. « C’est vraiment un mini stade de France alors, sourit la benjamine de l’équipe de France. Le point négatif, c’était qu’il n’y ait qu’une tribune. On n’avait pas l’effet d’enfermement comme sur celui-là », analyse-t-elle, en regardant le gazon du petit stade. Non sans éprouver toujours un faible pour celui-ci.

Premiers JO, premier match, premier but 

Et pour cause : il est le théâtre de son premier but au JO. « C’est notre premier match de poule face au Pays-Bas, meilleure nation mondiale, j’étais dans le coin, trois dribbles et Bam ! But !», mime-t-elle en montrant du doigt l’endroit sur le terrain. Ce sera son seul et unique but. 

Les Bleues sont éliminées dès les phases de poule mais Paola le Nindre relativise : « C’est de l’expérience et de toute façon ce moment on ne nous l’enlèvera jamais ». Un résultat attendu puisque l’équipe de France féminine de hockey sur gazon participait pour la première fois de son histoire aux Jeux Olympiques. 

Paola Le Nindre face à l’équipe de Belgique lors des Jeux Olympiques de Paris 2024 © Olympics 
 

Les JO, un rêve devenu réalité mais pas gagné d’avance pour la benjamine de l’équipe de France. En 2017, lors de l’attribution des Jeux à Paris, Paola a 11 ans. Elle se dit alors : « J’aurai 18 ans, c’est difficile mais pas impossible ». La native du Chesnay (Yvelines) qui a commencé le hockey sur gazon grâce à son grand frère, s’investit alors à fond pour espérer disputer la compétition. 

Une détermination qui paie. Très vite, elle rejoint les équipes de France jeunes puis « le graal », l’équipe de France senior, un an et demi avant les JO à seulement 16 ans. Victoire Arnaud, 23 ans, sa coéquipière et colocataire au village olympique la décrit comme une leader, malgré son âge. « Elle croit en l’équipe, nous donne confiance mais toujours avec modestie », salue-t-elle. Elle admire aussi son implication : « Que ce soit à l’entrainement ou en match, c’est à 100% ou rien avec Paola ». 

« L’objectif c’est que ce lieu reste vivant et que le hockey sur gazon se l’approprie»
 

Paola Le Nindre, attaquante ou milieu de l’équipe de France de hockey sur gazon

Avec son caractère de gagneuse née, elle vise déjà les JO 2028 et même ceux de 2032. D’autant plus que la pratique a bénéficié d’un certain engouement. « Grâce au JO à Colombes, les gens savent ce qu’est le hockey sur gazon et de plus en plus de monde le pratique », affirme Paola Le Nindre. Si la discipline reste confidentielle -il y a environ 15 000 licenciés en France -, le hockey sur gazon a enregistré une forte hausse post olympiades et notamment en Ile-de-France avec une augmentation de 15%. Un héritage sur lequel le maire sortant, Patrick Chaimovich (EELV), candidat à sa réélection, espère capitaliser lors des prochaines élections municipales.

La Fédération Française de Hockey sur gazon souhaite elle aussi s’appuyer sur la dynamique. Elle s’est installée au stade Yves-du-Manoir et la section Racing 92 de hockey sur gazon créée il y a deux dans le complexe continue de grandir. « L’objectif c’est que ce lieu reste vivant et que le hockey sur gazon se l’approprie pour faire grandir la discipline petit à petit », maintient Paola Le Nindre. Le stade Yves-du-Manoir et les JO ont apporté un coup de projecteur sur le hockey sur gazon. Les prochains, se feront, à n’en pas douter avec l’attaquante des Bleues.

Eva Claudel