« Renforcer la sécurité » : l’engagement de Kristell Niasme se fait attendre

Élue en février 2025, la maire de Villeneuve-Saint-Georges Kristell Niasme (LR) a fait de la sécurité sa priorité. Malgré plusieurs dispositifs et l’augmentation des patrouilles de police, le sentiment d’insécurité perdure chez les habitants, à quelques semaines des municipales de 2026.

Villeneuve-Saint-Georges, lundi 15 décembre 2025. 73 cambriolages ont été recensés à Villeneuve-Saint-Georges en 2024. © Tara Luce

« Une ville plus sûre ». C’était l’engagement écrit noir sur blanc de Kristell Niasme (LR), lors des précédentes municipales partielles, à Villeneuve-Saint-Georges. Selon le site du ministère de l’Intérieur, en 2024, 57 personnes ont été mises en cause pour trafic de stupéfiants dans la commune, un chiffre en hausse depuis deux ans. 

Depuis que l’élue est à la tête de la mairie, les mesures pour lutter contre l’insécurité s’enchaînent. Le 1er octobre 2025, la ville a intégré les vingt communes qui bénéficient du dispositif « Ville sécurité renforcée ». Des moyens supplémentaires ont été déployés pour lutter contre les trafics, avec « trois opérations coups de poing par semaine ». Un soutien obtenu du temps où Bruno Retailleau était ministre de l’Intérieur et dont la maire est proche. En parallèle, la municipalité a renforcé les rondes de police autour de la gare, où passent près de 40 000 voyageurs chaque jour.

« C’est trop dangereux vers la gare »

Mais qu’en pensent les habitants ? Près de la médiathèque, Leticia, lycéenne, raconte ne pas s’être sentie « en sécurité » un soir en sortant de la maison des artistes Frida Kahlo. « Un homme disait à son ami en créole capverdien qu’il allait me suivre. J’ai eu peur, j’ai marché vite. C’est trop dangereux vers la gare », confie-t-elle. En 2024, près de 89 victimes de violences sexuelles ont été recensées, un chiffre en hausse depuis 2022.

Ali, chauffeur de taxi, recommande même de ne pas passer dans ce quartier l’après-midi. « La maire pourrait serrer la vis, faire en sorte qu’il n’y ait pas de deal et qu’ils ne vendent pas des cigarettes à la sauvette », s’insurge-t-il. Contactée à plusieurs reprises, la maire de Villeneuve-Saint-Georges n’a pas donné suite à nos sollicitations.

Rue de Paris, le sentiment d’insécurité se fait aussi ressentir chez les commerçants. Derrière son comptoir, Daniel, gérant d’une épicerie depuis 20 ans, raconte l’altercation qu’il a eue avec un client. « J’ai demandé à un homme ivre de déposer son sac à l’entrée, mais il a refusé et m’a insulté. J’ai appelé les policiers, qui sont arrivés vite, mais le lendemain, il est revenu me faire un doigt d’honneur », se souvient-il. Dans cette rue commerçante, la mairie a décidé d’interdire la vente d’alcool pour apaiser les tensions. À l’inverse, Alain, habitant depuis 10 ans, salue « des patrouilles de police plus nombreuses ».

Le projet de la « Cité de la sécurité » divise

Dans une lettre aux habitants, Kristell Niasme a proposé en novembre le projet d’une « Cité de la sécurité ». Objectif : réunir la police municipale – qui a vu ses effectifs doublés en un an – avec la police nationale au sein d’un même immeuble réhabilité. Mais Alima, 19 ans, émet des réserves. « C’est mieux de ne pas les réunir, sinon ils seront loin de certains endroits de la ville quand il faudra intervenir », défend-elle.

Contacté, Mamadou Traoré, candidat sans étiquette aux municipales et élu d’opposition, refuse une police « cow-boy » dans la ville, « pour que tout le monde puisse aller faire ses courses sereinement ». Comment ? Il veut « apporter des solutions concrètes » comme « l’accompagnement des commerçants, des éducateurs et des médiateurs de rue […] et contrôler les allers et venues ».

Quant à Philippe Gaudin (DVD), ex-maire qui siège dans l’opposition, il ne s’est pas emparé du sujet. De son côté, Kristell Niasme multiplie les communications sur les réseaux sociaux avec un seul mot d’ordre « renforcer la sécurité ». La maire sortante n’est pas encore entrée en campagne.

Tara Luce