Porte-à-porte, soutiens militants : comment l’insoumise Manon Monmirel fait campagne face à Karim Bouamrane

Le mercredi 10 décembre, Manon Monmirel, 33 ans, tête de liste de la France insoumise, a lancé sa campagne à Saint-Ouen. Aux côtés d’Éric Coquerel, député LFI de la circonscription dont elle est la suppléante, elle a présenté les grandes lignes de son programme devant les militants LFI audoniens. Une manière d’exprimer sa volonté de se démarquer du maire socialiste sortant, Karim Bouamrane, à travers sa campagne.

Manon Monrimel lors de son discours de lancement de campagne à la Maison des Associations, avenue Gabriel Péri. © Laia Athier-Louboutin

À 19h30, la salle de la Maison des Associations l est plus que pleine. On y ajoute des chaises, certains restent debout, pour écouter Manon Monrimel, l’insoumise de 33 ans. Pour la candidate de la liste « Pour Saint-Ouen », composée pour le moment d’Insoumis, de membres du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) et de REV (Révolution Écologique pour le Vivant), cette soirée est « l’un des points majeurs du chapitre » de sa première campagne municipale, et qui marque le début de son affrontement face à Karim Bouamrane (PS), maire sortant.

Des soutiens symboliques 

Les discours des soutiens militants s’enchaînent : Jonathan Ruff, membre du collectif juif décolonial Tsedek et Assa Traoré, militante antiraciste et fondatrice du Comité Justice et Vérité pour Adama et Génération Leaders. Mais aussi des personnalités politiques comme Éric Coquerel député LFI de la circonscription. En mai 2025, il s’était ait pris directement à son homologue socialiste, qualifiant le maire sortant de candidat utilisant les municipales comme « un tremplin pour une ambition nationale ».

Manon Monrimel l’assume, elle s’entoure de personnalités fortes, comme symboles des luttes qu’elle défend : « il ne faut pas avoir peur de dire ce mot », déclare-t-elle. Interrogée sur la présence d’Assa Traoré par exemple, elle relève le « symbole fort d’avoir ce type de figure à Saint-Ouen, qui vient [la] soutenir comme candidate ». Des figures qui font écho avec qui elle est : « une jeune-femme métisse, issue de l’immigration, le proclame-t-elle. La France c’est nous aussi ».

Manon Monrimel entourée par les militants insoumis et Éric Coquerel (à gauche) et Assa Traoré (tout à droite) le 10 décembre. © Laia ATHIER-LOUBOUTIN

Des actions qui ont commencé dès septembre

Au-delà de la symbolique entourant ses soutiens lors de son lancement de campagne, la candidate souligne que son engagement municipal a débuté dès le mois de septembre. Elle explique avoir misé très tôt sur des actions de terrain, notamment des opérations de porte-à-porte, pour se faire connaître dans différents quartiers. Une stratégie assumée face à un maire sortant bénéficiant d’une notoriété nationale : « Il est installé depuis longtemps dans le paysage politique, expose-t-elle. Donc en terme de stratégie il a fallu dans un premier temps faire connaître notre initiative ».

Ces opérations de terrain se poursuivent encore aujourd’hui, notamment au marché Ottino, dans le quartier Garibaldi, où ont lieu des tractages. « Je ne connaissais pas du tout la candidate avant, mais on m’a filé un flyer avec le programme, je compte l’étudier », témoigne Camille, 40 ans, audonienne habituée du marché. 

Les opérations sont régulièrement mises en avant sur le compte Instagram de la section audonienne de La France insoumise. On y retrouvait Manon Monrimel et Éric Coquerel le 9 décembre. © @france_insoumise_saint_ouen

Attirer les jeunes en proposant une alternative à gauche

Dans un extrait de son discours transformé en vidéo sur Instagram, la candidate affirme sa vision d’un « Saint-Ouen populaire, solidaire, écologiste et féministe, pour toutes et tous ». Elle cherche ainsi à se distinguer de son principal adversaire, en défendant un programme de rupture présenté comme « une alternative à gauche ». En structurant sa campagne autour de deux axes centraux, le logement et les services publics, elle entend répondre à une question essentielle : « comment faire en sorte que les jeunes s’intéressent aux élections, aux programmes et aux propositions ».

Alors que ses propositions se concentrent pour le moment sur les enjeux liés à l’enfance et à l’adolescence (accès aux crèches, espaces jeunesse, etc.), elle relate la venue de trois jeunes femmes à la suite de son discours du 10 décembre. Celles-ci réclamaient davantage de mesures en faveur de l’emploi des 20-25 ans. « Effectivement, il faut que je les rencontre, reconnaît-elle. C’est ainsi que l’on permet aux jeunes de se sentir concernés et, potentiellement, de s’impliquer ».