L’Arc sportif, un quartier vert innovant qui prend forme

Lancée en 2018, la construction du nouveau quartier de l’Arc sportif, au nord de Colombes, commence à prendre forme. Les habitants déjà installés tentent d’y prendre leurs marques, dans l’attente de l’ouverture des espaces verts agrandis sous l’initiative du maire écologiste, Patrick Chaimovitch.

Colombes, le 17 décembre 2025. Le jardin Magellan, en pleine construction, devrait être livré au printemps 2026. © Miléna Rossi

En cette fin d’année, au nord de Colombes, le long du boulevard de Valmy, les habitants de l’Arc sportif cohabitent avec les pelleteuses et les décorations de Noël. Le projet ce nouveau quartier, soumis en 2016 par la précédente maire Les Républicains Nicole Gouéta, se dessine peu à peu sur d’anciens sites industriels. Près du magasin Monop’, un immeuble est tout juste fini alors que les appartements rue Germaine Tillion sont déjà habités. 

La ferme urbaine n’est pas encore ouverte

L’Arc sportif est constitué de trois îlots : Cook, Colombus et Magellan. Tous proches du stade Yves-du-Manoir, de la gare du Stade de la ligne J et de l’autoroute 86. Ce quartier met un point d’honneur à insérer davatange d’espaces verts. « Quand on a hérité de ce projet on a décidé d’y rajouté des mètres carrés de verdure », explique Alexis Bachelay, adjoint au maire, en charge de l’aménagement durable, auprès du maire Patrick Chaimovitch (EELV). 

Le jardin Magellan actuellement composé de gravats doit accueillir d’ici le printemps 2026 « des équipements pour petits et grands », comme l’indiquent les panneaux de chantier. Des aires de jeux, un jardin à la transition écologique et des grandes pelouses prendront place pour un budget s’élevant à 1.1 millions d’euros. 

Un peu plus loin, une piste cyclable le long du Triangle vert s’apprête à être rénovée. Le projet phare de cette zone végétalisée est la ferme urbaine qui cultive en aquaponie salades, fleurs comestibles et herbes aromatiques. Les habitants attendent que le lieu ouvre car pour l’instant « rien ne se passe », déplore Coralie, membre de l’association Les Voisins de l’Arc sportifAlexis Bachelay justifie cet arrêt du fait d’un contentieux entre deux occupants de ce bâtiment privé, sur lequel la mairie n’a pas la main. « C’est un point noir sur lequel on avait alerté », soutient l’élu.

Aujourd’hui, des habitants plutôt jeunes et actifs ont pris place dans les premiers immeubles. Objectif atteint. Preuve en est : aux pieds des bâtiments les locaux sont remplis de poussettes et de vélos comme dans la rue Miriam Makeba. Pour accueillir tous ces jeunes arrivants, l’école Dominique Frelaut construite en bois et chauffée par géothermie s’est ouverte à la Toussaint. 

« Nous nous mobilisons pour attirer des commerces »

Le quartier reste encore rythmé par la présence des ouvriers et des engins de chantier. Cela n’empêche pas les nouveaux habitants de créer un véritable « petit village », comme le souligne Coralie. Cette jeune trentenaire a acheté sur plan son appartement en 2020 avec son compagnon. Ils s’y sont installés trois ans plus tard.

« On aimait le projet du quartier de base avec des espaces verts et l’idée d’un cadre à l’esprit familial », déclare-t-elle en montrant les arbres plantés dans sa rue il y a une dizaine de jours. Ça avance bien ! ». 

Son association est apolitique mais cela ne l’empêche pas de discuter avec la municipalité : « On veut être acteur de notre quartier. On est le relais des envies des habitants. Nous nous mobilisons pour attirer des commerces de proximité qui correspondent à nos attentes comme une brasserie conviviale, un boucher, un fromager ». Cette native de Colombes aimerait bien que l’avenue Kléber (l’axe principal NDLR) soit davantage végétalisée « mais le tram va arriver donc ça serait ridicule de tout démolir », admet-elle. 

Un tiers de la commune végétalisé

Léa, étudiante à la Sorbonne en histoire, vient tout juste d’emménager en colocation. Elle a entendu parlé d’un projet de potager. « J’aimerais bien m’investir quand tout ce chantier sera fini mais j’espère que ce projet prendra vraiment forme. Souvent on a plein d’idées et puis elles s’évaporent avec le temps », regrette-t-elle.

En 2024, la ville était recouverte à 32 % de surfaces végétalisées, selon France Nature Environnement Île-de-France, qui fédère les associations de protection de la nature et de l’environnement. Un taux inférieur à la moyenne des communes franciliennes, estimée à 43,3 %.

L’actuelle municipalité entend s’améliorer en poursuivant sa politique environnementale. « L’enjeu du prochain mandat est de préparer l’arrivée d’un nouveau tramway qui passera dans le quartier de l’Arc sportif et de développer des parcs et jardins, mais c’est compliqué car l’achat des terrains prend du temps », explique l’adjoint Alexis Bachelay, avec l’espoir d’être reconduit. Et d’ajouter dans un murmure : « Six ans, ça passe vite ». 

Miléna Rossi