Le candidat LR aux municipales de 2026 à Colombes (Hauts-de-Seine) revient sur sa candidature, à trois mois du scrutin. Ce proche de l’ex-maire Nicole Goueta rassemble une partie de la droite et du centre, face au maire écologiste sortant, Patrick Chaimovitch.

Joakim Giacomoni nous accueille dans la permanence des Républicains, en plein centre de Colombes. Entre les piles d’affiches et les imperméables floqués à son nom, le militant, en première ligne cette fois pour son parti, défend sa candidature aux municipales 2026, pour renverser le maire sortant Patrick Chaimovitch (EELV). Dans son petit bureau, il parle de ses projets, de la division de sa famille politique, et revient même sur l’enquête qui le vise.
Pourquoi vous présentez-vous?
Joakim Giacomoni. Devenir maire n’est pas un projet de longue date, mais j’ai toujours aimé la politique. Mon père m’a appris à lire avec le courrier du RPR… Je me suis nourri de la politique. J’ai réfléchi politique, rêvé politique, toute ma vie. J’aimais beaucoup l’idée d’être celui qui, dans l’ombre de politiques, pouvait écrire, réfléchir, préparer. Aujourd’hui, j’ai 50 ans, j’ai traversé le monde, je pense que ma vie est plutôt complète. Depuis la mort de mon père il y a quelques années, j’ai pris un rôle plus central dans ma famille. Ça m’a fait mûrir, ça m’a convaincu que j’étais apte à mener une équipe.
Quel est votre lien avec la ville de Colombes ?
J.G. Cela fait partie des hasards de la vie. Mon aventure avec Colombes remonte à 2001, c’est mon premier job, directeur au Racing FC. Je travaille dans le stade Yves du Manoir, durant trois ans. En 2012, quand je reviens avec un autre travail, au SIAAP (Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne), j’y retrouve Nicole Goueta. On travaille ensemble depuis 13 ans. Je vis sa défaite de 2020. À sa demande, je m’implique à ses côtés sur la campagne des départementales.
Pourquoi Nicole Goueta vous a-t-elle choisi vous plutôt qu’une de ses anciennes adjointes ?
J.G. Je suis fier d’avoir son soutien. Elle m’a choisi pour nos années de collaboration. Je passe aussi beaucoup de temps dans les quartiers populaires, où on a pu lui reprocher de ne pas venir parler. Elle avait aussi apprécié l’idée que ce soit quelqu’un extérieur à l’équipe pour travailler à l’union de la droite et du centre. Ce qu’on a réussi. Nous avons un axe qui réunit LR, Horizons et UDI. Il y a cependant des dissidences, avec Nadia Frontigny et son aventure personnelle, peut-être plus à droite qu’à droite… Pour Amélie Delattre, qui fait partie de l’opposition, la porte était ouverte. Mais elle préfère se retrouver avec le Modem. Feront-elles 5%, le seuil pour fusionner ? Si oui, on pourra faire appel à l’intelligence collective, selon leurs campagnes, leurs attaques.
Quelles sont vos priorités pour la ville ?
J.G. Il y a deux priorités qui ressortent majoritairement, c’est la sécurité et la propreté. Nous sommes là pour répondre aux inquiétudes des habitants, mais aussi améliorer leur cadre de vie. On veut le doublement des effectifs de la police municipale, de la vidéoprotection et de la vidéoverbalisation, mais aussi une brigade de nuit, des nouveaux locaux. Aujourd’hui, le budget sécurité qui s’élève à sept millions d’euros permettrait d’avoir plus d’effectifs, mais il n’est pas utilisé. Ce ne serait pas difficile de le porter à onze millions, en réorganisant les services de la mairie, en fonction des besoins.
Et vos projets?
J.G. Sur le long terme, il y a trois projets que j’aimerais porter. D’un côté, la couverture de l’A86, et l’enterrement d’au moins une des deux départementales qui traversent le centre. Sur les mobilités douces, on travaille au prolongement des lignes de métro, la 1 et la 3. Plus largement, on aimerait créer une identité, que les gens soient fiers de se dire Colombiens. Il faudrait aussi renforcer notre attractivité, avoir plus de commerces, et pas que dans le centre.
Vous avez fait l’objet d’une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics, dans le cadre de votre travail au SIAAP, concernant des chantiers d’assainissement à l’étranger. Pouvez-vous nous dire où en est ce dossier?
J.G. Je fais le même métier depuis 15 ans. Je n’ai jamais eu un problème. Mon travail a été salué, avec de parfaits chantiers. A six mois des élections, tout d’un coup une lettre anonyme provoque une enquête préliminaire et une perquisition. J’ai été auditionné, j’en suis sorti, aussi libre que j’y suis rentré. Aujourd’hui, il n’y a pas eu de suite donnée. C’est sûr, quand vous n’avez rien fait… Je ne serais pas allé jusqu’à me présenter si j’avais cru que cela poserait un risque.
Propos recueillis par François Boyer