Le parc du Chemin-de-l’Île attire joggeurs, cyclistes, familles et promeneurs en quête de verdure. Mais derrière cette parenthèse nature en bord de Seine, se dessine malgré tout un manque criant d’espaces verts à Nanterre, un sujet au cœur des débats municipaux.

Courir au rythme des trains au parc du Chemin-de-l’Île ©Jade Garnier
« Regarde derrière le rocher, il devrait y avoir la balise 25 », crie au loin une jeune fille munie d’une carte du parc. Des collégiens sont en pleine course d’orientation dans le parc du Chemin-de-l’Île, à Nanterre. Autour d’eux, joggeurs, cyclistes ou marcheurs accompagnés de leur chien profitent des 14,5 hectares de verdure.
Lola, du fond de sa poussette, babille face à un âne et une brebis dans leur enclos. Ses grands-parents viennent souvent ici lorsqu’ils gardent la petite. « C’est un parc agréable, ce n’est pas la campagne non plus mais ce n’est pas mal pour la proche couronne », estime satisfait le grand-père de Lola, Pascal. À leurs côtés, Nathalie renchérit : « Et vu que le parc est très grand, il y a des endroits de calme sans bruit de voitures ou d’avions ». Car l’enclos est juste en-dessous de l’autoroute A14 et d’un viaduc ferroviaire, interrompant à intervalles fréquents le calme du parc.
« Un seul coin de nature à l’autre bout de Nanterre ça reste limité »
Il suffit effectivement de marcher quelques minutes pour ne plus entendre les bruits de moteur et profiter d’une promenade le long de la Seine. C’est ce que font Layla et Fatma, qui se baladent en appui sur leur canne tout en rigolant. « On vit à Colombes, mais on aime bien venir ici de temps en temps pour changer », indique la première. Mais Adel, en plein tour de trottinette électrique, a tout de même un reproche à adresser : « Il faut quand même venir jusque-là, un seul coin de nature à l’autre bout de Nanterre ça reste limité ».

C’est peut-être l’une des raisons qui explique la faible fréquentation du parc un jour de beau temps. Les équipements, grands et flambants-neufs, ainsi que l’étendue de l’espace vert, semblent presque disproportionnés. Mais le parc n’a pas encore fini de s’étendre : une extension de plus de deux hectares est prévue pour 2026 pour atteindre les 16,5 hectares. Des travaux sont d’ailleurs en cours du côté du Campus Arboretum, ensemble de bureaux et services construits en bois sur le site des anciennes Papèteries de Nanterre. L’endroit marque également le point de départ du Delta Vert, un projet d’aménagement écologique qui reliera la Seine à la Défense par une continuité d’espaces verts. Il n’est cependant qu’au stade embryonnaire avec des contours logistiques encore inconnus.
Le candidat de La France insoumise (LFI), Nicolas Huyghe, est moqueur concernant le Campus. « Ils appellent ça la ville forêt, j’adore ce genre de vocabulaire… Leur ville forêt ce sont d’immenses bureaux de 125 000m2 qui ne sont remplis qu’à 10% », fustige-t-il. D’autres mesures du candidat sortant, Raphaël Adam (Divers gauche), concernant le verdissement de la ville, suscitent les railleries des candidats d’opposition.
5 000 arbres plantés durant le mandat
C’est le cas du Plan 5 000 arbres, initié en 2019. Hélène Matouk, candidate Les Républicains (LR), constate : « Ces 5 000 arbres ont été majoritairement plantés dans des parcs, des endroits où il y avait déjà des arbres donc. Ils ont aussi financé la plantation d’arbres dans des jardins de particuliers ». Un point sur lequel revient Faysal Meneceur, candidat de l’Union des démocrates et indépendants (UDI) : « C’est assez drôle de voir des gens de gauche privilégier les propriétaires dans leur politique de verdissement », ironise-t-il.
L’objectif affiché de la majorité municipale est en tout cas d’offrir un coin de verdure à moins de 15 minutes à pied de chaque habitation. L’écologie défendue par la liste de Raphaël Adam se veut populaire, mais « qui ne se décrète pas, mais se construit ensemble ». Une volonté mise en œuvre lors du onzième et dernier atelier de co-construction du programme municipal ouvert aux Nanterriens. Organisé ce mercredi 17 décembre, l’atelier : « Transition écologique : s’adapter au climat de Séville à Nanterre » a fait salle comble, preuve que le sujet ne laisse pas les Nanterriens indifférents.
Jade Garnier