L’AC Football Club de L’Haÿ-les-Roses fédère la jeunesse locale

Reportage : A L’Haÿ-les-Roses, le club de football est un incontournable de la vie associative locale. Entre encadrement des jeunes et cohésion sociale, le club est soutenu par la municipalité. 

Le stade Évelyne-Gérard, mis à disposition par la municipalité, accueille les entraînements du club de football de L’Haÿ-les-Roses. ©Guillaume Pépin

Sous les projecteurs du stade Évelyne-Gérard, les respirations sont visibles dans l’air froid de la mi-décembre. Malgré les 8 degrés ambiants, les joueurs de l’équipe de football de L’Haÿ-les-Roses continuent de fouler la pelouse. « On est tous là depuis tout petits. C’est le moment de se retrouver, et ce n’est pas le froid qui va nous arrêter : on est passionnés », sourit l’un d’eux. Ils sont une cinquantaine, maillots bleu et blanc frappés d’un bouquet de roses sur le cœur, à s’entraîner malgré la trêve hivernale. En décembre, aucun match officiel n’est disputé, mais la vie du club, elle, ne s’arrête pas. L’équipe s’entraine habituellement deux fois par semaine.

Le club de football de L’Haÿ-les-Roses structure une bonne partie de l’activité sportive locale. Chez les plus jeunes, âgés de 5 à 12 ans, 95 % des licenciés sont issus de la commune. Une proportion qui descend à 50–60 % chez les seniors, mais qui témoigne toujours d’un fort ancrage territorial. « Ici, on n’est pas un club hors-sol », résume Daniel Gaudot, le président, licencié du club depuis près de trente ans.

Jean-Lys, l’un des trois entraîneurs du club, encadre les joueurs lors d’un exercice. ©Guillaume Pépin

Au-delà du football, le club revendique un rôle social fort. « Nos jeunes sont encadrés, on leur transmet le respect et une bonne hygiène de vie », explique le président.  L’encadrement repose sur trois entraîneurs : Jean-Lys, Fernando et Axel pour qui la discipline constitue un cadre essentiel à la vie de groupe. Jean-Lys impose le salut à tous les membres du club, « ça commence par là, si on n’est pas poli on ne peut pas jouer en équipe ». Un cadrage strict, assumé par les éducateurs et largement accepté par les joueurs. Si on va en ligue des champions ce sera grâce à lui », plaisante Sofian, cadet de l’équipe, en tapant sur l’épaule de son “coach” comme il l’appelle.

Le football comme outil d’encadrement

Daniel met un point d’honneur à défendre l’aspect social du club : « il n’y a pas un seul jeune qui ne me connaisse pas », affirme-t-il. Pour le président, l’association constitue un cadre structurant : les adolescents qui fréquentent l’association ne traînent pas dans les rues, et trouvent au sein de l’équipe un sentiment d’appartenance. Les entraînements des seniors, ouverts à partir de 18 ans, ont ainsi été relancés il y a huit ans sous l’impulsion de Daniel et de Jean-Lys. « Il y avait une vraie demande. Ces jeunes s’ennuyaient et tombaient parfois dans la délinquance », explique-t-il.

Un lien étroit avec la municipalité

Le fonctionnement du club repose en grande partie sur son lien avec la municipalité. Sous tutelle de la mairie, il bénéficie de la mise à disposition gratuite des infrastructures et d’un soutien financier. « Le dialogue est très satisfaisant », assure le président. Le club a été bien fourni en infrastructures sur le dernier mandat du maire avec la construction d’un terrain de football synthétique entièrement neuf, en concertation avec les représentants du club de foot. Un partenariat jugé indispensable pour assurer la continuité des activités et accueillir l’ensemble des licenciés dans de bonnes conditions.

Chasubles jaunes, bleues et rouges : l’équipe est divisée en trois groupes pour l’entraînement. ©Guillaume Pépin

En plus des entraînements hebdomadaires, le club participe à l’animation de la ville. Chaque année en mai, un tournoi de jeunes rassemble près de 600 enfants venus de toute l’Île-de-France sur trois jours. Un événement d’ampleur qui transforme L’Haÿ-les-Roses en point de rencontre régional et renforce la visibilité de la commune à travers le sport. À l’approche des municipales, la question des infrastructures reste en toile de fond. Si le soutien actuel est jugé suffisant pour faire vivre le club, les dirigeants espèrent que la prochaine équipe municipale continuera de faire du sport un axe central de la politique locale.

Guillaume Pépin